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Histoire

En 1850, de nombreuses tribus vivent dans le sud de la Grande Terre et dans la région de la Dumbéa. Du nord, sur la presqu’île de Uitoé, au sud, vers les berges de la rivière principale, se répartissent les Yg-Nhe, les Jébéra, les Timbias, les Ovo-Hoé, les Nécouya, les Ouamos et les Kawba (ou Houassio), groupe provenant de la Tontouta et étendant peu à peu son pouvoir dans toute la région.

À Dumbéa, de nombreux lieux dits sont encore désignés d’après les dénominations kanak. Parmi eux, Nimba signifie « lieu du peuple », Tonghoué, « au-dessus de la montagne », Koghi, « chapeau », Koé, « sauterelle », et Kouvelé, « le champ d’ignames » (source Gabriel Païta, président de l’aire coutumière Djubéa-Kaponé).


La canne à sucre

Histoire Les bassins de la Dumbéa et de Païta commencent à se peupler d’Européens. Le Gouverneur Guillain signe en 1862 un arrêté destiné à favoriser l’acquisition des terres et ainsi la mise en valeur du territoire. M. Joubert, arrivé de l’île de la Réunion, se lance dans la culture de la canne à sucre. Associé à Gustave Clain, il sera le premier à produire du sucre en Nouvelle-Calédonie. Sa rhumerie, bâtiment construit en 1865, est aujourd’hui « La Rhumerie de Dumbéa », transformée en auberge. Elle est installée à Koé, sur son ancienne exploitation agricole.

D’autres Réunionnais sont attirés par cette réussite, comme Paul Duboisé, qui s’installe à Koé, et Evenor de Greslan, à Nimba. Encouragés par le gouverneur Guillain, tous deux s’associent et construisent également une usine à sucre. On doit à Evenor de Greslan l’introduction des merles des Moluques, qui ont permis de lutter efficacement contre le fléau des sauterelles.

La population européenne augmente fortement entre 1871 et 1877, passant de 53 à 118 habitants. Fin 1877, les terrains de Dumbéa occupés par les pionniers s’étendent à 5 714 hectares. La famille Joubert construit également une station destinée à l’élevage des boeufs et des chevaux (à Koutio-Kouéta).

Adolphe Boutan, ingénieur agricole originaire de Métropole, s’installe à la Nondoué et y développe une ferme école tout en se consacrant à l’élevage de chevaux. Il sera l’initiateur des courses de chevaux en Nouvelle-Calédonie. Le couple de cerfs de l’Inde qu’il amène avec lui sera vraisemblablement celui qui peuplera la Nouvelle-Calédonie.

John Higginson, irlandais d’origine ayant passé sa jeunesse en Australie, aura lui aussi laissé son empreinte dans la commune. Il rachète les propriétés Joubert et loue ses terres à l’administration pénitentiaire afin d’y installer une ferme où travaillent les forçats. Il en reste aujourd’hui la boulangerie datant de 1880, les ruines d’un four à briques, un four à chaux et une stèle commémorative. Enfin, Jean Fayard, originaire de Saint-Etienne, quitte sa ville natale pour exercer le métier d’orpailleur en Australie. Il y rencontre sa future femme et décide de s’installer en Nouvelle-Calédonie, à Nakutakoin, en tant qu’éleveur. Son fils Victor, rachetant les terres d’Higginson, fera de ce domaine une immense propriété qui s’étendra de Koutio à la plaine de Koé.
mine

Le charbon

Jules Garnier prospecte sur les Monts-Koghi. En 1864, il découvre un gisement carbonifère, qui sera exploité par la Compagnie des Bruyères, dans la concession de M. Tranchant, à Tonghoué. La société des Charbonnages de la Nouvelle-Calédonie s’installe à Val Suzon, au début du siècle dernier et emploie plus de 200 personnes sur sa mine, avant de faire faillite en 1907, par manque d’assistance bancaire.



Le nickel

Au cours d’une de ses prospections sur les rives de la Haute-Dumbéa, Jules Garnier découvre, le 24 septembre 1864, des roches de nickel. La fièvre du nickel s’empare alors des pionniers et de nombreuses mines exploitent le filon. En 1877, il en existe 17 à Dumbéa, aux noms très poétiques et évocateurs : l’Arc-en-ciel, l’Eclipse, l’Indépendance, la Loyale, la Compagnie de Koé, les Deux-Branches, la Compagnie du Pic, la Nondoué, Red Mountain, l’Imprévue, les Saintes-Suzanne 1 et 2, la Bienvenue, la Mâconnaise, la Havraise, la Créole, le Claim des Amis.

Le petit train doit son origine au Gouverneur Feillet, qui envisage de favoriser les échanges commerciaux du territoire par le biais d’une ligne de chemin de fer qui relierait le nord au sud. Le chantier démarre en 1902. Le 20 décembre 1904, le premier tronçon de la ligne est inauguré. Il permet d’effectuer le trajet Nouméa-Dumbéa en 40 minutes. En décembre 1914, les Nouméens peuvent rejoindre Païta en une heure et quart. Mais le manque de rentabilité et le développement du réseau routier entraînent l’arrêt des travaux et l’abandon du petit train en novembre 1939. Celui-ci connaîtra une renaissance durant la présence américaine, pendant laquelle il sera utilisé pour le transport des munitions.

La première conduite d’eau

Afin de faire face aux graves problèmes d’alimentation en eau de ses administrés, le conseil municipal de Nouméa décide, au mois d’août 1888, de construire une conduite d’eau destinée à renforcer l’approvisionnement en eau effectué par la conduite sur la Yahoué.
La rivière de la Dumbéa est privilégiée par rapport aux cours d’eau du Mont-Dore, de la Coulée, de la Conception et de Saint-Louis, en raison de son débit, nettement supérieur aux autres et de la qualité de son eau, la moins calcaire, la moins ferrugineuse et la plus pauvre en matières organiques.

Le chantier est long et difficile, mais il avance de façon régulière. La conduite, d’un débit de 65 litres par seconde, soit le triple de celle de Yahoué, est inaugurée en 1895.

Barrage En 1951, pour contrer à nouveau la carence en eau, la mairie de Nouméa décide la construction d’un second barrage, sur le cours moyen de la Dumbéa, au lieu dit « Les Barbouilleurs ».

Cette retenue, livrée en 1953, offrira une réserve de 300 000 m3 utilisables. Afin d’accroître sa capacité, on surélève en 1972 ce second barrage. De nos jours, la rivière de la Dumbéa continue d’abreuver les Nouméens.



La « Poppy Force » dans la vallée

Le 12 mars 1942, la “Poppy force”, ou “Force 6814”, débarque en Nouvelle-Calédonie. Le territoire devient base de support des forces alliées dans le Pacifique. Des batteries d’artilleries s’installent à la Point Ma, Gadji, Uitoé et Tiaré. Une batterie de DCA domine sur les hauteurs de Yahoué et une unité de campagne patrouille entre Saint-Louis et Dumbéa.

Koé devient un lieu de stockage de munitions, de carburants, de vivres et d’équipements, accueillant également le 1er bataillon du bâtiment du Génie et le 112ème Régiment de cavalerie du Colonel Cunningham.

« Paradise »

De cette présence américaine, Dumbéa aura gagné une amélioration de ses routes d’accès, la construction d’hôpitaux ainsi qu’une station de pompage à la Montagne coupée, destinée à augmenter le débit de la conduite d’eau. En outre, en 1943, un terrain auxiliaire à celui de l’aérodrome de la Tontouta est aménagé dans la vallée de la Nondoué. Les pilotes américains le baptisent : « Paradise ».